Espagne I

Et bien voilà, me voici tout fraîchement (enfin presque) rentré de mon périple dans les terres barbares d’Espagne. Ce voyage d’une semaine a été l’un des meilleurs que j’ai fait depuis longtemps, en particulier parce que bon nombre de nos visites étaient en lien avec la peinture ou l’architecture, pour lesquels j’éprouve évidemment une attirance aussi intense que récente. Après une assez longue période d’inactivité sur ce site, dont je m’excuse, je vous livre aussi un carnet de voyage de mes vacances en Espagne.

La première partie du voyage, qui a durée 3 jours, s’est déroulée dans la ville  de Barcelone. Après quelques heures de voiture vite écoulées, la visite a commencé dès notre arrivée par les célèbres Ramblas. Une artère immense qui dessert une grande partie du centre ville, et mène les promeneurs jusqu’au port. Pour de pauvres petits français accoutumés au calme (?) de la vie lyonnaise, cette immersion brutale dans la métropole catalane fut une épreuve douloureuse pour nos oreilles. En effet, les espagnols parlent extrêmement fort! Sans atteindre le niveau sonore légendaire des  italiens, la perspective d’ évoluer  pendant 3 jours dans cette cacophonie chaotique relève au premier abord de l’exploit. Au final, on est vite pris dans le rythme trépidant de la vie barcelonnaise. Car il s’agit d’une ville jeune, mouvante et très cosmopolite. Que l’on parle des mimeurs sur la Ramblas, des marchés aux légumes et même aux bonbons typiques ou des tenues vestimentaires doûteuses des espagnol(e)s, on est plongés dans une symphonie vibrante ou couleurs vives, odeurs et saveurs se mêlent en un arc-en-ciel de sensations. Une ville très marquée par le fait qu’elle est le berceau de plusieurs artistes illustres, comme Picasso, Dali ou Gaudi, dont je reparlai plus tard. L’architecture traditionelle catalane est pleine de charme, d’un grand dynamisme, et accentue la vivacité de la ville et en fait pour moi, au même titre que Paris, une véritable ville d’art.

Enfin… le lendemain a intégralement été consacré à l’un des architectes les plus renommés de notre époque, le fameux Antonì Gaudì. Après une bonne marche le long d’une avenue qui nous a ruinée les jambes, nous nous sommes rendus à la très célèbre Casa Batllò. Reconnaissable entre toutes dans la rue, par sa façade à couper le souffle, que voici:

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L’impression est prenante… ces formes courbes, ondulantes, sont inédites dans l’histoire de l’architecture. L’ossature évoque le gigantesque squelette d’un monstre sous-marrin inconnu. La proximité de la mer se fait d’ailleurs bien ressentir, tant les motifs évoquent tantôt une mer calme sous la lune, tantôt des remous agités se fracassant sur une falaise… Mais quoi qu’il en soit, l’ensemble est d’une surprenante harmonie, très apaisant.

Passée la porte d’entrée, nous sommes d’emblée plongés dans les abysses… la ligne d’un escalier en colimaçon qui évoque une colonne vertébrale, les formes organiques… tout évoque à la fois le mouvement et la fluidité. Comme si le bâtiment avait été creusé au fil des années par une rivière souterraine. L’architecture est ici poussée à son paroxysme, et atteint une perfection pour chacun des matériaux difficilement imaginable, qu’il s’agisse du bois, de la pierre ou de l’acier. Surtout quand on imagine le procedé de construction: Gaudì n’avait aucun plan à soumettre aux maîtres d’oeuvres, ses intentions n’étaient explicitées que par une maquette faite en plâtre. Si le génie de l’architecte est inconstestable, il faut saluer également le talent des sculpteurs, menuisiers et maçons pour la maîtrise exquise des matériaux dont ils ont fait preuve. Mais plutôt qu’un long discours, mieux vaut vous livrer quelques illustrations, même l’architecture se vit plutôt qu’elle ne se regarde.

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(Détail du plafond du salon qui fait façe au jardin privé de l’autre côté du bâtiment. Comme les remous du sable quand on fait bouger le pied dans l’eau vous ne trouvez pas?)

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(Voici la cour intérieure, qui dessert en lumière la quasi totalité des pièces de la maison. Notez les mosaïques bleues: plus on descend dans les étages, plus le bleu s’éclaircit, de façon à ce que les pièces bénéficient toute du même ensoleillement. Le même principe s’observe dans le rythme des fenêtres, sur les façades: les fenêtres des étages du bas sont plus larges que celles du haut, qui bénéficient d’une luminosité supérieure.)

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