Le Clan des Otoris

 

Petite page de publicité pour souffler un peu au milieu des articles consacrés à la peinture et l’architecture, pour vous parler de la saga de Lian Hearn intitulée « le clan des Otori« .

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Je ne sais pas si on peut parler véritablement de passion, mais j’éprouve un certain intérêt pour tout ce qui touche au Japon médieval. La saga proposée par l’auteur anglaise nous plonge directement dans un univers fictif mais qui retrace fidèlement la vie dans l’archipel nippone. A mi-chemin entre réalité, fantaisie et mysticisme, Lian Hearn fait preuve d’un certain talent narratif, et d’une plume fluide qui ne laisse place à aucune fausse note dans les transitions entre les points de vue, les atmopshères…

Pour la petite histoire… Tomatsu, un membre de la tribu des invisibles (qui se réveleront plus tard être en réalité des chrétiens cachés au Japon), voit son village décimé par un terrible chef de guerre, Iida Sadamu. Parvenant à fuir à travers les montagnes, il est secouru par un mystérieux guerrier, qui le prend sous son aile, et décide curieusement d’en faire son fils adoptif. Ce samouraï, Shigeru, noble descendant de la lignée des Otori, immerge Tomatsu, rebâptisé Takeo, dans l’univers des intrigues politiques. Parallèlement, le jeune homme se découvre d’étranges pouvoirs, comme le fait de pouvoir se dédoubler, se rendre invisible ou marcher avec la légereté d’un chat… Il fait alors la connaissance de Kenji, un mystérieux membre de la Tribu, qui lui apprendra à parfaire ses dons et à éveiller son âme d’assassin, pour faire de lui le tueur du tyran Sadamu…

 Le récit est subjectif et alterne les points de vue de Takeo, puis de Kaede, une jeune héritière avec laquelle il fera plus tard connaissance. La psychologie des personnages est délicieusement bien traitée, ce qui facilite grandement la compréhension du récit. Les descriptions sont relativement précises, et l’auteur parvient assez bien à retranscrire les ambiances dans lesquelles évoluera son héros, des recoins mystérieux des terriers de la Tribu aux châteaux solennels des seigneurs Otori, en passant par la vie grouillante des campagnes. Ainsi, on est vite pris dans cet univers japonais, sans entrer dans des stéréotypes figés, en particulier grace à l’intérêt de la vaste palette de personnages.

Néanmoins, ce cycle, de 5 volumes désormais, demeure rien de plus qu’un bon divertissement. La qualité de l’écriture paraît parfois un peu simpliste, ce qui est compréhensible quand on sait que l’ouvrage est originellement destiné à un public jeune, mais laisse un arrière goût amer au lecteur. L’écriture reste tout de même très (trop?) occidentale, il manque souvent ce brin de légereté nippone qui lui aura donné plus de saveur. Malgré l’effort fourni, la mentalité japonaise est trop étrangère aux européens, et, même après tous les voyages et documentations effectués par Lian Hearn sur l’archipel, il aurait fallu toute une vie pour saisir les subtilités de leur culture. Enfin, quoi qu’il en soit, je vous encourage à lire ces 5 tomes, qui constitueront un excellent moment de détente et d’évasion.

Une réponse à “Le Clan des Otoris”

  1. Salut,

    Un petit message en passant. Pas mal ton commentaire de ce livre, ça donne envie d’y jeter un oeil.

    A+
    Amicalement,
    Stéphane.

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